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Quel avenir communautaire à gauche pour Loire et Sillon en Loire Atlantique ?

7 décembre 2013 : un débat à Campbon

samedi 7 décembre 2013, par Jean-Yves Martin

Mercredi 4 décembre 2013 à Campbon se tenait, à l’invitation du PS local, une réunion publique, sur le thème : « la coopération entre le département et les intercommunalités… », à partir d’une intervention liminaire d’Hervé Bochet, vice-président PS du conseil général de Loire atlantique.

Pour lui le but du département est « la solidarité entre tous les territoires », à travers l’organisation des coopérations entre les intercommunalités et de conseil général. Pour cela existent certains « outils » : le FDSC (Fonds de Développement Solidaire pour les Communes), l’Agence foncière départementale, « l’ingénierie » et les accords contractuels (Projets de territoire), qui ont cependant tous tendance à nourrir une « politique de guichet » des communes auprès du département.

Je suis intervenu dans ce débat en tant que responsable local du PCF et, également, conseiller communautaire de Loire et Sillon. J’ai commencé par remercier les organisateurs de leur invitation, car elle tenait compte du rôle incontournable des organisations politiques locales. Ce n’est pas une bonne action démocratique ni d’affadir, ni d’édulcorer leur rôle spécifique, et quel que soit leur degré d’affaiblissement, il faut lutter contre toutes les tentatives pour leur marginalisation. J’aurais pu d’ailleurs rajouter que de tous temps historiques, c’est une constante de l’extrême droite que de chercher à les éliminer au nom du « tous pourris ». Dommage que l’on cède parfois ici à cette tentation depuis la « gauche » elle-même.

Pour nous il ne pouvait s’agir ce soir là, ni d’un débat pour ou contre l’intercommunalité. L’heure n’est plus à une rétrospective historique de sa formation en Loire et Sillon, mais à celle de l’amorce d’un deuxième âge davantage tourné vers l’avenir que vers le passé. Ni d’un débat d’école sur le bilan actuel : à l’évidence l’intercommunalité, au-delà des grandes déclarations sur la solidarité et la mutualisation, peut être la meilleure (projets communs partagés) comme la pire des choses (déficit démocratique assumé, participation au recul des services publics) dans et pour le territoire.

Un débat utile donc, mais dont on peut espérer qu’il ne restera pas sans lendemain ni conséquences. Avec pour nous cet objectif : qu’est-ce qu’on peut faire pour corriger cette anomalie en Loire et Sillon : une intercommunalité à majorité de droite dans un territoire (le canton actuel) de gauche à toutes les autres élections ? Sans ignorer les perspectives de l’Acte III de la décentralisation, qui privilégie les Métropoles, tout en mettant dans le collimateur l’existence même des communes et des départements.

La présentation et le débat n’ont cependant pas permis de sortir d’une certaine confusion qui mélangeait allégrement les définitions objectives des « aires urbaines » (au sens de l’INSEE), des « bassins de vie » (notion hyper subjective et fluctuante, à partir d’un vague « sentiment d’appartenance » à géométrie forcément variable), et les « pôles structurants » et « intermédiaires », tels qu’ils sont pourtant définis assez clairement dans le SCOT métropolitain (schéma de cohérence territoriale). Mais l’approche par la seule hiérarchie des polarités n’est pourtant pas suffisante. Le redécoupage annoncé des cantons n’est-il pas le signe avant coureur du regroupements des intercommunalités dans le cadre d’une révision plus rapide que prévue du SDCI, schéma départemental de coopération intercommunale ?

Quant aux objectifs de l’intercommunalité de Loire et Sillon, ce ne saurait être seulement la « mutualisation des moyens » en soi, comme l’a proposé le candidat socialiste à Savenay. Sa finalité première devrait plutôt être le développement des services publics pour répondre aux besoins de la population locale, lesquels sont menacés (la poste, la santé CPAM), parfois par la communauté de communes elle-même : enlèvement des ordures ménagères à travers la Redevance incitative, l’assainissement des eaux usées [SPANC]).

Avec la diversité des points de vue exprimés, on pouvait alors se demander si « l’esprit de l’intercommunalité », si facilement invoqué, était bien réellement là ? De même force m’a été de constater que jamais le mot de « gauche » n’était autant prononcé qu’en de telles circonstances, alors que la pratique réelle depuis 6 ans est celle de la cohabitation droite-gauche au sein de l’exécutif communautaire, bureau des maires et vice-présidents des huit communes.

J’ai rappelé, à l‘occasion, les débats que j’ai cherché à impulser au conseil communautaire successivement sur les compétences, la « gouvernance », l’identité et le périmètre. Mais certains n’affectent alors – dans un ouvriérisme de bas-étage - de n’y voir qu’« élucubrations d’intello ». Désolé, mais tant qu’on ne se sera pas mis peu plus au clair sur tous ces sujets, le rassemblement de la gauche en Loire et Sillon restera une vue de l’esprit soumise à toutes les divergences, à toutes les tentatives d’hégémonie. Car si certains sont très prompts à dénoncer facilement la domination de Savenay, tout montre qu’ils souhaiteraient qu’une telle hégémonie à gauche s’exerce un jour à leur propre profit. L’objectif caché de l ‘échéance de mars prochain ne réduirait-elle donc qu’à cette volonté de « devenir calife à la place du calife » ?

Quoi qu’il en soit, une prochaine rencontre a été fixée, à notre demande, pour travailler à une plate-forme communautaire de gauche en Loire et Sillon. On verra bien alors ce qu’il en est vraiment.

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