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Quel rassemblement voulons-nous ?

Une discussion en comité local de Basse Loire du PCF, le 15 décembre 2017

lundi 18 décembre 2017, par Jean-Yves Martin

Nous continuerons la préparation individuelle et collective du congrès 2018 jusqu’en juin. Il reste des questions fortes, comme la transformation du parti, celle du rassemblement, sans perdre de vue la perspective des européennes de 2019. Il se confirme que la structuration territoriale du parti dans le département - périmètre des sections - sera également abordée au congrès départemental. Mais il ne faudrait pas que cette question occulte ou court-circuite à l’avance les thématiques fixées pour le congrès national. Quant à nous, nous continuons à travailler dans des réunions mensuelles thématiques, faisant l’objet de synthèses écrites, comme celle-ci, transmises à la fédération et au national, jusqu’à la phase de discussion statutaire du congrès à partir de juin 2018.

Discussion  : Quel rassemblement voulons-nous  ?

Pour plusieurs camarades, la question du rassemblement est indissociable de trois axes prioritaires  : 1) les orientations politiques du contenu de nos propositions, les conceptions essentielles de gauche, nous devrions avoir une séance là-dessus  ; 2) la démarche d’union, sur un accord politique jusqu’où peut-on aller  ; 3) gagner à gauche n’est pas possible tout seuls. À Couëron, "nous avons eu tous les cas de figure municipaux : dans majorité, dans l’opposition". L’identification avec lesquels s’unir doit être très claire selon les objectifs poursuivis. Conséquence, clarté nécessaire sur les positionnements d’opportunité, comme par exemple sur "trois questions environnementales en rapport avec la transition énergétique. 1) L’utilisation des terres agricoles utiles pour la production d’éthanol, 2) la voiture électrique en regard d’un système fiable de production d’énergie y compris pour la production industrielle lourde, 3) la production d’hydrogène qui nécessite des moteurs de générateurs thermiques. Quels en sont les avantages ou inconvénients réels, et les conséquences à long terme  ? "

Pour tous, la politique de rassemblement majoritaire est historiquement un fil rouge, directeur, de notre démarche d’amélioration et d’émancipation de la société dans laquelle on vit. L’urgence, "c’est de travailler nous mêmes d’abord avec les camarades du parti, les militants, des questions qui doivent être clarifiées". Rassembler, pour changer la société, thème central de débat jusqu’au congrès.

Quel rassemblement, sur quelles valeurs communistes  ?

Il faut aussi clarifier la réalité de LRM  : « tous les jours Macron invente quelque chose qui s’attaque aux conditions de travailleurs  ». Face aux macronistes, il est « honorable de se réunir sur des valeurs de gauche  », alors que FI ne fait rien contre la baisse de dotation budgétaire des collectivités. Mais, « dans le PS, il y a un paquet de macronistes qui n’osent pas le dire  ». Sur des valeurs, certes, mais « avec le Front de gauche, nous nous sommes flingués nous-mêmes, avons perdu notre identité, y compris notre propre nom  » toujours mis en retrait.

Pour faire suite à ces « propos pertinents  », il faut souligner que Couëron a été profondément marqué par l’anarcho-syndicalisme, mais aujourd’hui « il faut passer de la colère à l’espoir de quelque chose  » . On sait nos défauts, on connaît nos expériences. Désormais, il s’agit d’être nous-mêmes  ; rassembler, réunir sur nos valeurs  ».

Nous avons bien des raisons d’être « soucieux de l’avenir de notre parti  », d’en (re)mettre à plat les conditions comme nous sommes en train de le faire, « d’affirmer le besoin d’un projet de société du parti, avec des éléments circonstanciés, régionalement et nationalement. Il nous faut conjuguer à la fois la reconstruction de notre identité à retrouver, nos valeurs à faire revivre  ? Nous ne sommes pas à l’agonie, on fait des choses, à conjuguer sur le fond, avec des références à la fois individuelles et collectives. C’est une bataille de tous les jours, partant de cette interrogation  : qu’est-ce que le capitalisme  ? La plupart des gens sont dans l’expectative. "Ils ne savent plus où ils sont face à l’avalanche des reculs économiques et sociaux. Une pédagogie est souvent possible, mais en étant plus proches d’eux. Nous restons capables de les écouter et de leur apporter, en étant sur le terrain, comme pendant la campagne des législatives partielles"
.
Des problèmes d’avenir se posent, pour Arcelor et Cordemais, avec les fermetures en vue. Quelle vision de perspectives autres avons-nous  ? Ce qui se joue c’est notre place dans la société, par la reconstruction de notre identité communiste. Dans un territoire comme le notre, il faut combler les interrogations, reconstruire la vie du parti, son identité, ses valeurs. Avec cette question concernant le parti  : "qui peut l’apporter, à part les cellules, et un rassemblement d’abord dans le parti, afin d’apporter nos réponses, par un projet de lutte."
Les axes thématiques de congrès constituent "des question posées à tout le monde, alors qu’il y a plein de gens dans la nature, une abstention massive, un vote Front national par réaction".

Il n’y a eu qu’une faible participation à la consultation par questionnaire des communistes. Mais « la maladie n’est pas que chez nous  ; ce sont des phénomènes de société à prendre en compte.  » Il y a cependant des interrogations particulières des camarades sur nos échecs, et que leur proposer  ?

Là-dessus, « nous pouvons être tous sur la même longueur d’onde  ». Sans perde de vue à la fois l’exigence d’un service public de proximité, et l’extrême dépendance et fragilité des villes à l’heure du tout électrique et nuémarique, mais également des services publics de transports, autobus et SNCF, comme l’a montré plusieurs fois l’actualité à Paris-Montparnasse.

Des repères historiques aux perspectives d’avenir

D’accord pour « la réflexion, la remise à plat, mais trop souvent on a mis la charrue avant les bśufs  ». Les valeurs, le projet ne conduisent pas à « un rassemblement de sommet  » automatique. "Ne recommençons pas ce qui a déjà été fait et qui a échoué". Le congrès doit conduire, avec finesse mais rigueur, à un accord des communistes entre-eux sur le rassemblement  : comment, avec qui et pourquoi  ? Pas de cartel, de collectifs (Front de gauche, comités citoyens), mais un projet, dont l’objectif qui ne soit pas seulement contre, mais pour quelque chose  ».

Il faut travailler, réfléchir sur le rassemblement et le projet en s’inspirant des études qui ont déjà été faites, entre autres, par Michel Verret - décédé récemment - à partir de 1979 au LERSCO de l’Université de Nantes  : sur la classe ouvrière nantaise et nazairienne, son identité, son histoire, en reprenant la distinction marxiste classique entre « classe en soi et classe pour-soi  ». Tenant compte « des phénomènes sociétaux actuels qui conduisent à ces votes-frustration  ». Il y a une « colère assourdissante et silencieuse en même temps  », à partir de phénomènes qui sont corrélés, dans les territoires, avec l’éloignement des centres villes  ». De tels travaux sur la classe ouvrière d’aujourd’hui, « dans un va-et-vient entre militants et intellectuels, par des camarades et d’autres personnes, sont riches d’avenir  ».

Dans la feuille de route du congrès et son agenda figurent, au 1er semestre 2018, des États-Généraux du progrès, des initiatives sur l’industrie, et sur ce que nous coûte le capital. « Il y a du grain à moudre, à partir des questions de tous les jours dans le territoire de la Basse-Loire  ».

Quelle conclusion (provisoire) ?

Oui, bien des questions sont posées, mais nous n’en sommes pas au bout, « à peine aux gâteaux apéros, pas au dessert  ». Pour l’heure, les questions fondamentales sont  : rassemblement sur nos valeurs  : avec qui  ? Pourquoi  ? Comment  ? Mais notre discussion reste encore très – trop  ! - « généraliste  ». Elle devra y avoir des séquences plus serrées... Avec ce questionnement  : rassembler en haut ou en bas  ? Rassemblement électoraliste ou sur des valeurs  ? Et notre projet - en réponse à la question « quelle société voulons-nous  ; comment, avec qui  ? - ne peut pas être un " catalogue de la Redoute ", mais reste à redéfinir et à peaufiner.  »

1 Commentaires

  • La question du rassemblement doit être soumise aujourd’hui à un nouveau questionnement, portant sur son ampleur, ses objectifs, ses acteurs, son ambition majoritaire et ses orientations à consigner dans un projet écrit. Notes pour la trame d’une première intervention, le 15 décembre 2017 à Couëron.
    1 - Quel rassemblement ? ... de quel type ? avec quels objectifs et quels acteurs ?
    - Quel type : électoralo-politique (type front, cartel, coordination, collectif...), social (syndical, ou "mouvement social"), idéologique (sur des valeurs et orientations : selon le sceptre ou le clivage "droite/gauche" : ex. libérales, social-démocrates, communistes...) ?
    - Quels acteurs : le parti (avec la question : maintien ou abandon de la "forme parti" léniniste ?) ; les syndicats (sens Charte d’Amiens (1906) et poids d’un anarcho-syndicalisme séculaire) ; les associations et ONG, aux objectifs statutaires (loi de 1901) plus restreints, au risque d’une instrumentalisation ? Et d’autres formes, plus récentes : nouveaux Mouvements sociaux (Indignés, Nuits Debout) très éphémères, et divers groupes radicaux-activistes minoritaires ("Comité invisible", Zadistes) isolés.
    2 - Pourquoi se rassembler ? pour des actions, des luttes, des conquêtes/défenses sociales et électorales. De quelle nature : toute une variété, un large éventail de luttes possibles, des plus générales aux plus minimes et localisées : ... A divers échelles géographiques : nationale , locale , mondiale (l’"altermondialisme" des années 2000) ? (1)
    Avec cette question : quelle "convergence des luttes" face à l’inévitable dispersion ?
    3 - Qui rassembler ? "99 %" ! (2) / 1 % profiteurs, maîtres du système capitaliste
    - Autour du parti ("d’avant-garde", "léniniste"), rassembler la "classe ouvrière"ou les "couches populaires", ou encore les "subalternes" au sens de Gramsci. (3)
    - Or un contexte nouveau, mal cerné et admis, celui de l’émergence d’une "France des invisibles", la "France périphérique d’en bas" (C Guilluy : 2013, 2014 et 2016). (4)
    4 - Sur quelles bases ? Avec quel projet ?
    - Il existe des convergences ambiguës : sociétales ("Je suis Charlie", Todd 2015) (5) , écologie, climat...
    - Les limites du "Front de gauche" sont rédhibitoires : un rassemblement étroitement électoral et désormais périmé. D’où l’idée de "fronts de luttes", plus ponctuels et thématiques, à géométrie et échelles variables.
    - Le Parti PCF qui manque à ce jour d’un Projet rassembleur : Cf. "Le Jeune Marx" (1843-1848) : en 1848 un "manifeste" pour un Parti communiste qui n’existe pas alors. Aujourd’hui, en 2017, un parti communiste français sans manifeste, c’est-à-dire sans un projet qui soit autre qu’un catalogue électoral, ni majorité potentielle à viser et atteindre, faute d’une conception renouvelée du rassemblement.

    Notes :
    1. Certains camarades ont considéré à l’époque que "l’altermondialisme est un communisme" P.Chaillan, 2010.
    2 - Pierre Laurent, 99%, 2016 : "1% de la population mondiale possède plus que tous les autres, Nous sommes les 99% !"
    3. "Ceux qui ne parviennent pas à élaborer une proposition de réorganisation globale de la structure nationale – à savoir, une nouvelle proposition d’État – ne parviennent pas à lancer le défi de l’hégémonie." "La catégorie de "subalterne" s’inscrit dans un cadre d’enrichissement des catégories traditionnelles du marxisme."(Guido Loguiri 2016 : Le concept de subalterne chez Gramsci)
    4. Christophe Guilluy : "Fractures françaises" (2013), "La France périphérique" (2014), "Le Crépuscule de la France d’en haut" (2016).
    5. Emmanuel Todd, "Qui est Charlie ?", 2015.

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