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Compte rendu du Comité local du PCF de Basse Loire

Vendredi 6 avril 2018 à Couëron

lundi 7 mai 2018

Deux points sont à l’ordre du jour :
- La situation sociale et politique, son évolution ;
- Suite des discussions préparatoires au Congrès extraordinaire de novembre 2018.

1 - La situation sociale et politique, son évolution en ce début avril 2018 :

Notre société est fragilisée sous les frappes des choix libéraux. Il y a une accumulation de renoncements et de trahisons du gouvernement et du président. Les conflits sociaux font face à des changements pas seulement sociaux, mais sociétaux. Les services publics restent une notion réelle forte dans le têtes, comme le montrent des sondages.
Tout est possible : Macron veut casser le service public de la SNCF. Il gagne ou il perd, un recul qui mettrait alors en cause l’ensemble de sa stratégie. Soit il gagne, et c’est l’heure de tous les dangers. Le mouvement social est soumis à des risques, la mobilisation reste encore difficile.
Mais le climat général a changé, la situation est nouvelle. Le gouvernement est dans la zone des tempêtes, face à d’importantes mobilisations : hôpitaux, Ehpad, cheminots SNCF, universités.
Les collectivités (communes, départements, régions) n’ont plus les moyens de remplir et d’assurer leurs compétences. Des étudiants et lycéens sont en mouvement pour l’égalité dans l’entrée à l’université. Suite aux interventions d’extrême droite, comme à Montpellier, ou des CRS. Les enseignants sont à leur côté, et contre l’idée de faire passer les examens par Internet, avec plutôt un développement du mouvement,
Les divisions sont recherchées, mais elles rencontrent solidarité, méfiance et hostilité. Avec ses références et ses propositions, il apparaît clairement que Macron n’est pas « ni de droite, ni de gauche », mais bel et bien libéral. 44% de l’opinion est favorable à la grève des cheminots et 41 % contre. Il faut être lucide devant ce qui bouge dans l’état d’esprit des gens. Les communistes doivent être concentrés pour la réussite, tout faire pour aider et soutenir sans se substituer aux mouvements sociaux, à partir de nos propres propositions. Quant à eux, J-L. Mélenchon et F. Ruffin veulent une grande manif le 5 mai autour de la FI, une tentative de récupération à des fins partisanes. Restent bien des étapes à se dérouler, et pour la CGT, « on en est pas là », l’unité étant extrêmement fragile, avec des tentatives de division en cours.
Notre rôle ? Aider sans prendre la place. Á débattre : comment les communistes peuvent-ils être partie prenante de la situation ?

Interventions :

Ce que tente de tester Macron avec la SNCF, c’est ce qui s’est déjà fait il y a quelques années avec privatisation de La Poste par morceaux. Il faut faire connaître les propositions des cheminots CGT dans les discussions actuelles avec le gouvernement. Avec cette crainte : les organisations syndicales semblent pour l’instant unies dans un mouvement très long de grève perlée sur trois mois, mais, un moment donné, le gouvernement risque de se servir des nuances entre-elles pour diviser. Nous communistes, nous devons soutenir ce mouvement social y compris en y participant, au cœur des manifs et non pas à côtés comme d’autres. C’est le sens de la proposition de manif de Ruffin (certes mal-fagotté, mais « l’habit ne fait pas le moine » !). Plutôt donc soutien sans en rajouter, comme avec la mascarade du 5 mai au nom de « la convergence des luttes », façon de nous embarquer « dans des conneries style Front de gauche ». Donc ne pas dévier, mais « la direction du parti n’est pas nette, sans réaction, sans donner de orientations ».
Il faut appuyer sur la (dés)organisation du territoire régional, suite à l’abandon de l’aéroport Grand Ouest, plus les perspectives de fermeture de la centrale thermique de Cordemais, et faire un bilan critique de la non-réalisation de l’Arc Atlantique

J-L Mélenchon veut récupérer et c’est maladroit. Le conflit appartient aux organisations syndicales, avec notre plus large soutien, par mail, pétition, et solidarité financière : ce n’est pas les sommes qui sont importantes, c’est le geste. Avec 36 h. de grève perlée, il y a un doute mais les gens manifestent leur soutien, commencent à comprendre ce qui se joue. Qu’ils « travaillent pour les générations futures qui viennent après nous ». La population commence à basculer. « Dans mon lotissement, ils ne parlent que de ça, même un cadre SNCF ». Vu le train pris ensemble par P.Laurent, O.Besancenot, B.Hamon, et F.Ruffin. Mais si Macron gagne, c’est la fin assurée du service public. Il veut casser tous les accords dans chaque branche. La presse et les médias cherchent activement la division. Malgré les écolos qui critiquent le mouvement, la situation est nouvelle, avec un soutien qui monte.

Selon divers sondages en ligne [Le Point, JDD, Le Figaro, et sur France-Bleu Loire Océan...] - et malgré les réserves techniques sur ce type de consultation - les gens approuvent le mouvement. Ils y voient une réponse à la remise en cause de l’aménagement du territoire. Mais, attention aux manœuvres de la FI. Dans la manif nantaise contre les expulsions de samedi organisée par le DAL, les « zadistes » de NDDL ont voulu récupérer. Mais ils n’étaient que 300 sur les 1.000 manifestants, sans la présence du parti. À la fin, ça a dégénéré. À Couëron, il y a 40 cas de locataires de logements sociaux menacés de curatelle. Quant aux étudiants, leur mouvement est dur mais grandissant, et les médias mettent surtout l’accent sur les incidents. Le parti ne doit pas être à côté, comme en 1968, mais présent dans les manifs.

La bataille idéologique est vive et les acteurs sont déterminés. On ne peut qu’être écœuré par cette page de pub dans TV-Ouest titrant : « les retraités de 1ere classe de la SNCF », un argumentaire anti-cheminots grévistes. Le pouvoir pratique une stratégie à la jeu de go qui consiste à tenter de passer par les secteurs les plus faibles. Il joue sur la fébrilité de la CFDT. La bataille des idées est celle d’un système libéral liquidateur du système social du CNR, où les communistes ont joué un rôle très important. Concernant le logement, il s’agit de sortir du service public tout ce que les offices HLM peuvent vendre aux locataires ou à des investisseurs privés. Lire à ce sujet S.Peu, député de Seine-Saint-Denis à l’assemblée sur le site du CIDEFE - maintenant que l’Élu d’aujourd’hui a disparu - nos élus ayant des choses à dire, marquées par la clairvoyance et l’expérience. Les communistes interviennent politiquement sur la situation. Avec cette offensive tous azimuts, le libéralisme veut reprendre la main. Voir l’émission « C dans l’air » sur les hôpitaux, la guerre des egos et les drames... C’est très problématique, dramatique : les infirmières doivent tout gérer. L’ambulatoire poussé par rentabilité, le recours aux start-up en sous-traitance, une face inhumaine de la stratégie et de l’offensive de Macron.

Deux choses, le soutien au mouvement social cheminot et comment les communistes s’y inscrivent ? Le mouvement social syndical ne peut pas en rester là. Il faut avancer nos propositions, nos objectifs, pour son développement et ses finalités. La remise en cause du système n’est pas si flagrante, mais la politique de Macron, on n’en veut plus. Les communistes ont un rôle à jouer, avec leurs propres propositions, sinon on va vers un essoufflement. Nous n’avons pas d’autre alternative. Il faut faire voir sans crainte les conditions de vie réelles des cheminots, chez les roulants, avec une influence énorme sur leur vie de famille. La « feuille des roulants » c’est jour et nuit, n’importe quand, jours fériés, toute leur vie en dépend. Pour 68 c’est un moment qui n’a rien à voir avec aujourd’hui, un mouvement social oui – les plus grandes grèves de l’histoire de France - mais un échec politique, suite au meeting de Charlety et au recours à Rocard. En 2018, c’est la remise en cause d’un système, et c’est sans comparaison, car depuis il y eu de grands changements politiques. Dans ce contexte, renaît un « certain anticommunisme ». Cf. l’entretien de S.Courtois, dir. du Livre noir du communisme (1997) dans Presse-Océan, non pas à propos de Lénine à Pornic en 1912, mais juste un prétexte, pour contrer, par la bande, l’actualité de la place des communistes dans le mouvement.

La bataille idéologique est engagée, sur les ondes et au quotidien, pas spontanément, depuis des années. Elle provoque ras-le-bol et réflexion. Elle martèle déficit et dette publique. Or d’où vient-elle, et qui en bénéficie ? Ce sont des profits à faire pour les banques, pour servir le capital. Notre journal de cellule qui en parlait dès 2014 est toujours d’actualité. C’est un long combat contre le déferlement médiatique. Notre crédibilité avance dans ce domaine, Macron joue sur la méconnaissance et l’ignorance. Mais il y a déficience des communistes pour que les gens croient ce que nous disons. Ce n’est que quand ça tombe qu’on nous dit que « oui, vous aviez raison ». Un grand chantier, énorme, car cette bataille n’est pas gagnée. Des discours s’opposent, mais il faut donner des perspectives aux gens pour être crédibles, avec un travail en profondeur dans l’opinion publique. 1968 ? Aujourd’hui la bataille est moins sociétale que sociale. Nous sommes en phase avec le mouvement social, dont celui des cheminots, pour la défense du secteur public.
Qu’est-ce que nous, communistes, on peut faire ? Soutenir, participer, pas béatement, mais porter nos propositions, notre projet. Il nous faut un matériel du parti pour la défense du service public contre Macron, en poussant pour qu’il y en ait un, pour répondre à une attente, adressé aux syndicats SNCF, dans un soutien sans immixtion.

Ces propositions, où sont-elles ? On en a – voir l’Huma du 21 mars dernier : « Le PCF avance ses propositions alternatives pour la SNCF ». Il faudrait tout de suite en faire un matériel national à 1 ou 2 millions d’exemplaires. Ce n’est pas à la section de le faire. Par contre oui pour faire un courrier de soutien en direction des syndicats de cheminots, mis en distribution. Une participation de la section PCF de Basse-Loire à la caisse de solidarité des cheminots est décidée et fixée à 200 €.

II – Débats de congrès (suite).

En novembre prochain, aura lieu le congrès extraordinaire du parti. Nous nous sommes donné le temps de discussions, critiques et constructives, autour des trois questions clés de ce congrès : le parti, le rassemblement, la stratégie. Dans notre section, nous avons pris cette décision de rédiger et d’imprimer, sur la base des comptes-rendus des quatre réunions à ce sujet (voir note 1), un document de 4 à 5 pages qui sera destiné en mai-juin, à tous/tes les adhérent(e)s. Il sera prêt en mai pour en débattre, le modifier, l’affiner, afin qu’il soit finaliser en juin. Des réunions de cellules pourront en discuter en juin. Ce document de section n’est en rien un texte alternatif à la base commune, mais un complément local de section, ayant vocation à être la contribution collective de la section au congrès départemental.

Contributions

Depuis le congrès de Martigues, en mars 2000, la société a changé et le PCF est en affaiblissement. Il a perdu de vue ses fondements de parti de classe, de parti révolutionnaire, ayant des propositions claires qui répondent aux préoccupations nouvelles des gens. Ce qui pose la question du rôle des directions, à tous les niveaux, pour créer les meilleures conditions de la vie démocratique du parti. Cette réflexion est la même pour la vie fédérale en Loire Atlantique. Dans l’actualité (voir ci-dessus, point 1), rien du parti départemental sur la ZAD ou sur Cordemais. Juste l’appui aux propositions syndicales, juste des « coups » sans lendemain, comme sur le coût du travail.
Sur le rassemblement, le chantier reste le plus ouvert, tout en observant qu’il est difficile d’aller au bout des questions d’un parti à vocation et visée « majoritaire », sur la base de l’examen critique des expériences successives vécues : l’union de la gauche (1981-83), la gauche plurielle (1997-2001) et le front de gauche (2009-2016). Cette petite phrase souvent entendue : « plus jamais avec les socialistes », ne fait pas le compte et n’apporte aucune réponse à cette question du rassemblement. La résolution du CN sur la perspective des élections européennes de 2009 contient des forlmules justes, mais reste faible sur ce qu’est notre visée. Signe d’un affaiblissement idéologique depuis des années, sur nos bases fondamentales : parti de classe, parti révolutionnaire, questions identitaires. Alors que le dépassement du capitalisme est à l’ordre du jour, le PCF devrait-il devenir le parti du ou des « communs » ?
Nous verrons bien ce que sera le contenu la base commune en juin, mais pour l’instant il y a plus de questions que de réponses, à identifier et cibler. Le parti n’a pas encore trouvé la bonne articulation entre-elles.

La question quel rassemblement en entraîne bien d’autres. Il faut tenir compte des expériences historiques à ce sujet. Avec qui et comment, si à chaque fois on y perd, par exemple en termes d’élu(e)s ? Le PCF doit-il rester un parti de classe ? Oui et il doit l’afficher. Un parti communiste ? Oui, il doit garder ce nom. Révolutionnaire, oui, pour la justice sociale en faveur d’une large partie de la société. Ses valeurs sont celles qui figurent dans le Préambule de ses statuts. Ses fondamentaux sont la référence à Marx, au matérialisme historique (lutte des classes) et dialectique, des contradictions et des luttes dans la société. La vie du parti s’appuie sur les élu(e)s du parti et s’enrichit de leurs interventions. Les structures du parti, au plan fédéral et national, doivent fonctionner sur le principe des commissions spécialisées, comme celle de la défense nationale s’occupant, entre autres, des arsenaux. C’est ainsi que le projets peuvent être creusés.

Diverses questions se posent. L’idée de base, c’est que le parti est celui de la lutte des classes. Cette référence de classe, nous en avons besoin. Est-ce qu’il est un parti révolutionnaire ? La direction y répond-elle, l’a-t-elle conservé ? Théoriquement oui, pratiquement non ! La responsabilité de la direction fédérale est elle-même engagée et elle est concernée par ce constat critique de la situation. Dans tous les cas, ces critiques se veulent constructives. Le plus manquant, c’est l’absence d’avis, alors que « j’aime à penser en communiste face aux événements » dit un camarade. Il manque trop souvent un avis de la direction nationale, ou départementale, face aux autres infos : Ouest-France, même l’Huma quotidienne (sur la ZAD) et la télé. Pour la formation, les trop rares « stages de base » des nouveaux adhérents, c’est bien, mais il faudrait aussi une « formation continue » des communistes plus anciens. Un premier outil récent de (re)mise à jour est l’HD hors série, « Marx, le coup de jeune » qui est excellent. On observe (L’enquête Viavoice – Fondation Gabriel Péri), que le poids du passé pèse davantage sur les épaules et dans les esprits des communistes de plus longue date, que sur celles des générations nouvelles. Idéologiquement, le parti parle beaucoup d’émancipation, de Commun, presque plus que de communisme. Il flirte volontiers, avec les thèses de Chantal Mouffe sur le « populisme de gauche », dont J-L Mélenchon fait son fond de commerce. Quant aux « communs », un texte national d’étape de réflexion de congrès, admet que la notion même pose problème, puisque ses principaux promoteurs hors-parti, reconnaissent que ce serait un bon moyen de « lever l’hypothèque communiste », en clair d’en finir avec le communisme, ses références à la lutte de classe et au matérialisme. Proposer de devenir le « parti du commun », c’est plus qu’un simple rabotage de nom, c’est un reniement identitaire.

Le congrès de novembre est celui qu’on ne peut pas se permettre de louper. Il n’y a pas de discussions anodines. Les modifications des statuts ont acté l’affaiblissement du rôle des cellules et accéléré leur disparition de fait. Au sommet, le CN n’est qu’une mosaïque de sensibilités plus moins unies et équilibrées. Nous devons impérativement faire, à l’occasion du congrès, un bilan sérieux et raisonné des différentes expériences de rassemblement menées. L’idée de « gauche plurielle » est associée à des couleuvres à avaler. La période récente de Front de gauche nous a éloigné de notre projet, de notre visée communiste de dépassement du capitalisme. Sans qu’il soit aujourd’hui question d’un retour au centralisme démocratique, il faut pourtant en finir avec les alliances à géométrie variable où se dilue notre identité. Il y a conjointement déliquescence de la vie du parti, et perte de son identité. Au-delà, c’est la gauche elle-même qui est décrédibilisée, mais qu’est-ce que la gauche ? Une réflexion également à tenir.

Compte-rendu rédigé par Jean-Yves Martin, d’après ses notes.

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