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Un congrès extraordinaire pour répondre aux enjeux actuels

Synthèse des débats de la Section de Basse-Loire de décembre 2017 à juin 2018

vendredi 29 juin 2018

Parti Communiste Français Section de Basse-Loire Fédération de Loire Atlantique
Juin 2018

- Sommaire
● Quel parti ?
● Quel rassemblement ?
● Quel projet ?

En proposant la convocation d’un congrès extraordinaire en novembre 2018, l’Assemblée nationale des animateurs de sections qui s’est tenue à l’automne dernier motivait sa décision par la situation inédite issue des élections du printemps 2017, les difficultés extrêmes de la gauche, les résultats catastrophiques du parti aux législatives et les questions internes de vie, de fonctionnement et d’orientation de notre parti.

● Trente heures de débats

Notre comité local a immédiatement pris des dispositions pour travailler les questions posées en profondeur et a tenu 6 réunions spécifiques avec la participation de 14 camarades.
De longs et fructueux échanges - une trentaine d’heures de discussion - ont permis de mieux appréhender les problèmes auxquels nous sommes confrontés, tant sur les questions de notre stratégie, celles du rassemblement et particulièrement l’épisode du Front de Gauche, ou encore sur le parti. Un bilan approfondi de l’activité passée récente du parti nous est apparu indispensable pour avoir les objectifs ambitieux.

● Suivi et transparence

Chacune des réunions du comité local a fait l’objet d’un large compte rendu transmis à la fois à fédération et au Conseil National, pour une totale transparence des débats des communistes.
La décision d’éditer ensuite ce petit document a été retenue pour permettre à chaque adhérent de notre section d’aborder notre congrès avec le maximum d’éléments de réflexion. Il ne s’agit nullement de faire un texte en « annexe » de la base commune qui sera mise à disposition des communistes bientôt et qui fera l’objet d’une consultation en octobre prochain. Mais seulement de pointer quelques questions qui sont apparues essentielles dans notre section au cours de ses échanges.

● La voix de chaque camarade compte

Il est maintenant important que chaque communiste débatte des enjeux posés lors de notre congrès pour permettre à notre parti d’être en mesure de peser sur la vie politique dans notre pays. La voix de chaque communiste est utile, nécessaire et indispensable.
C’est le sens de notre modeste document qui doit être une aide à la réflexion pour que chacun.e d’entre-nous soit pleinement investi.e dans la préparation et les décisions que notre congrès sera amené à prendre.

Construire des perspectives dans une situation de tous les dangers

● Une vie politique minée

Nous vivons depuis des décennies dans un régime présidentiel qui guide de scrutin en scrutin le calendrier politique et la vie de notre pays.
D’élections en élections, les Français tentent une « expérience » qui, à chaque fois, échoue. De Sarkozy à Hollande en finissant par Macron, les déceptions grandissent et la situation sociale, économique et politique empire. La mainmise de la finance et du capitalisme sur la vie économique sociale se renforce.

● Entre crise de la politique et défiance envers les partis

Cette situation conforte la crise de la politique et la défiance envers les partis augmente.
Les trois derniers quinquennats, gonflés de belles promesses, n’ont en fait qu’amplifié les fossés entre les riches et ceux qui vivent de leur travail ; les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres et les exclus plus nombreux. Les acquis ont été rognés, les références au modèle social français se sont peu à peu envolées. Les richesses que représentent pour la France les services publics et les secteurs nationalisés, la sécurité sociale, notre système d’éducation, d’hospitalisation, d’aide et de protection sociale, ont été remises en cause.

● Une politique au service de la finance et du capital

Ces constats étaient logiques quand Sarkozy était aux affaires. Ils le sont moins et ont été dévastateurs pour toute la gauche quand un Président socialiste en l’occurrence Hollande poursuit sur des voies parallèles. Enfin, quand Macron, ancien ministre de Hollande, disant inventer de nouvelles conceptions politiques - ni à gauche, ni à droite - gouverne pour le capital et la finance au détriment du peuple français, les effets sont une nouvelle fois destructeurs et démobilisateurs.

● La gauche en difficulté

L’ensemble des partis politiques sans exception est dans la tourmente. La gauche, éclatée, et en recherche d’identité, n’est pas à ce jour en mesure de jouer un rôle majeur sur la scène politique nationale et incapable de prendre ses responsabilités. La France insoumise entretient la division, prône le populisme et le "dégagisme" dans une conception de personnalisation exacerbée. Le Parti socialiste n’en finit pas de sombrer dans une social-démocratie dépassée et vouée à l’échec. Enfin notre parti a besoin de revenir rapidement à ses fondamentaux. Nous sommes au bord d’un chaos politique, économique et social que la situation internationale confirme et amplifie.

● L’importance d’un parti communiste fort

Le Parti Communiste Français se doit donc, d’avoir un rôle important dans cette situation et il peut le jouer. Il doit s’affirmer comme une force politique à gauche, de classe, révolutionnaire, en étant défenseur des intérêts des salarié.es, rassembleur et porteur de sa propre identité, y compris dans le cadre d’un rassemblement. Il doit poser avec force la question du dépassement du capitalisme parce qu’il est pour la transformation de la société en rupture avec ce que nous vivons actuellement.
D’autres voies sont possibles. Il faut construire une société où l’homme prendra le pas sur la finance et les dividendes des détenteurs du CAC 40 . C’est l’enjeu de nos débats et de la construction de nos perspectives politiques.

I - QUEL PARTI ?

● Recul de notre activité et perte d’élus

Depuis le congrès de Martigues, en mars 2000, la société a changé et le PCF s’y trouve en affaiblissement. Il a perdu de vue ses fondements de parti de classe, de parti révolutionnaire ayant des propositions claires qui répondent aux attentes et préoccupations nouvelles des gens. Son recul se mesure inéluctablement, entre autres, en termes de nombres d’élu(e)s à toutes les échelles : nationale, régionale et locale. Le maintien, à l’arraché, des groupes parlementaires ne saurait occulter cette réalité.

● Les statuts et leur mise en œuvre

Depuis 2000, les modifications des statuts des dernières décennies n’ont jamais fait depuis l’objet d’une (ré)évaluation quelconque. Or, il paraît incontestable que l’instauration des AG de sections, et la quasi disparition corrélative des cellules, ont contribué à l’effacement local du parti et à sa déterritorialisation, avec au final un archipel de "bastions" de plus en plus restreints. La répétition immuable des modalités de préparation et de calendrier de congrès - y compris cette fois-ci - a pourtant montré leur inefficacité opératoire concrète : un congrès chasse l’autre sans effet notoire, ni jamais aucun bilan suffisamment approfondi.

● Transformation du parti et/ou retour aux fondamentaux ?

L’idée avancée aujourd’hui de "transformation du parti" reste beaucoup trop floue et ne va pas assez loin : elle évacue beaucoup de questions de fond sur le fonctionnement réel et la pesanteur des statuts sur la vie du parti. Pour une (re)définition de l’avenir de notre parti, il faut réaffirmer et consolider notre projet de société. Or, force est de constater l’attentisme du parti qui a depuis trop longtemps bien du mal à rebondir.

● Des incontournables perdus de vue : organisation, communication, formation

Le rôle des cellules est essentiel pour mettre les communistes, utiles et concernés, en confiance. Au-delà de la préparation du congrès, c’est crucial vis-à-vis des nouveaux adhérents, pour qu’ils soient bien dans leur peau, au service actif du changement de société. Le parti est devenu quasi invisible dans les médias, et inaudible sur des propositions identitaires fortes. Il en porte une part de responsabilité. Il se fond lui-même dans toutes les alliances et idées de l’air du temps, telles que l’émancipation, l’écologie et les communs. A l’heure du bicentenaire de Marx, le succès de récentes initiatives (Bellevilloise ; Hors-Série Marx de l’Huma), souligne toute l’importance des efforts de formation à reprendre dans un contexte paradoxalement plutôt favorable à cet égard.

● Parti des communs ou PCF ?

Une confusion s’installe entre communs et communisme, qui ne sont cependant pas la même chose. Les promoteurs des communs veulent avant tout lever "l’hypothèque communiste", comme ils disent, qu’ils assimilent à l’étatisme dirigiste, à l’autoritarisme soviétique, pour une soi-disant "alternative en actes", jetant le communisme tout entier aux poubelles de l’histoire. Raison de plus, à l’inverse, pour que le PCF reste le parti communiste français, un parti révolutionnaire de classe.

II - QUEL RASSEMBLEMENT ?

La politique de rassemblement majoritaire est historiquement, pour nous, un fil rouge, directeur de notre démarche d’amélioration de la société dans laquelle nous vivons. Avec, comme références, le Front Populaire et le Programme du CNR, à la Libération.

● Nécessité et difficulté du débat

Oui, il y a aujourd’hui besoin d’un large rassemblement, face à une gauche éclatée, désunie, et ce jusqu’au sein du parti lui-même. Au point qu’aujourd’hui, dans le malaise où nous sommes, il n’est vraiment pas simple d’avoir ne serait-ce que l’amorce d’une discussion à ce sujet.
Cette petite phrase souvent entendue, "plus jamais avec les socialistes", ne fait pas le compte et n’apporte aucune réponse à cette question du rassemblement. Elle en entraîne bien d’autres : il faut tenir compte des expériences historiques à ce sujet ayant en tête ces questions ; avec qui ? Comment ? Surtout qu’à chaque fois on y perd encore un peu plus, notamment en termes de nombre d’élus.es.

● Axes prioritaires

La question du rassemblement est inséparable de trois axes prioritaires : 1) les orientations politiques du contenu de nos propositions, d’une conception essentiellement de gauche ; 2) la démarche d’union, sur un accord politique sur une base de jusqu’où peut-on aller ? 3) la considération que gagner à gauche n’est pas possible tout seuls.

● Ne pas recommencer ce qui a échoué

D’accord pour une réflexion, une remise à plat, mais trop souvent on a mis la charrue avant les bœufs. Les valeurs, le projet (ex. l’humain d’abord) ne conduisent pas automatiquement à un "rassemblement de sommet".

Ne recommençons pas ce qui a déjà été fait et qui a échoué. Le congrès doit conclure, avec finesse et rigueur, à un accord des communistes entre-eux d’abord ; sur le rassemblement : comment, avec qui, et pourquoi faire ? Plus de cartel, de collectifs (Front de Gauche, comités anti-libéraux), mais le rassemblement sur un projet dont l’objectif ne soit pas seulement contre, mais pour quelque chose.

● Faire un bilan sincère des expériences récentes

Ce chantier du rassemblement reste plus qu’ouvert, tout en constatant qu’il reste difficile d’aller au bout des questions dans un parti pourtant à vocation et visée majoritaires et transformatrices, sur la base de l’examen critique des expériences successives vécues : l’Union de la gauche (1981-1983), la gauche plurielle (1997-2001) et le front de gauche (2009-2016).

Nous devons impérativement faire, à l’occasion du congrès de novembre, un bilan poussé et raisonné de ces différentes expériences de rassemblement successivement menées. L’idée de gauche plurielle est associée à des "couleuvres à avaler". La période récente de Front de gauche nous a éloigné de notre projet, de notre visée communiste de dépassement du capitalisme. Sans qu’il soit question d’un retour au centralisme démocratique, il faut pourtant en finir avec les alliances à géométrie variable où se dilue chaque fois un peu plus notre identité.

III - QUEL PROJET ?

Nous avons d’innombrables raisons d’être soucieux de l’avenir de notre parti, d’en remettre à plat les conditions, d’affirmer le besoin d’un projet de société du parti, avec des éléments circonstanciés, localement et nationalement. Il faut conjuguer à la fois la reconstruction d’une identité à retrouver, et nos valeurs à faire revivre. Nous ne sommes pas à l’agonie : il se fait des choses, mais qui restent à croiser sur le fond, avec des références à la fois individuelles et collectives. C’est une bataille de tous les jours, partant de cette ambition : comment affronter le capitalisme pour le dépasser ?
Le projet ne doit pas corseter, mais être un fil conducteur, pour demain et après-demain, plutôt une feuille de route porteuse d’une démarche majoritaire vers un futur désirable. Mais il faut faire la clarté, car il persiste un grand flou entre projet, visée et programme. Nous n’y parviendrons qu’en nous retrouvant nous-mêmes et en nous réaffirmant comme communistes.

● Réagir à l’effacement du parti, à son déficit de lisibilité et de crédibilité

Notre projet doit répondre plus clairement et directement à la question : quelle société voulons-nous, comment et avec qui ? Ce ne peut pas être un "catalogue de la Redoute", car il reste largement à redéfinir et à peaufiner. Alors que les commissions spécialisées internes au parti n’existent plus, notamment au niveau fédéral, dans ce qui est annoncé comme une "transformation du parti", avec les approches thématiques horizontales se profile le danger d’un parti qui continuera de laisser dire et faire un peu tout et n’importe quoi, au prétexte de ne pas faire de vagues et de ne contrarier personne.

● Pour un réarmement idéologique du parti

On ne peut se contenter plus longtemps de l’appui aux revendications et propositions syndicales, ni se satisfaire de "coups" épisodiques, sans suivi ni lendemain. Des avancées doivent se concrétiser avec le congrès, ciblant notre identité, nos valeurs, nos fondamentaux, qui sont d’ailleurs davantage à reprendre qu’à réinventer. En ce sens, il devient urgent de mettre un terme à la "boboïsation" idéologique et organisationnelle du parti.

L’idée de base, c’est que le parti est, historiquement et pratiquement, celui de la lutte des classes et doit le rester. Nous avons besoin d’une telle référence, remontant au Manifeste de 1848, qui est celle d’un parti révolutionnaire. Or le parti lui-même parle désormais plus souvent d’émancipation, de commun(s), que de communisme. Il flirte trop volontiers avec les thèses du "populisme de gauche" (C.Mouffe) dont J-L Mélenchon a fait son fond de commerce.

● Dépassement du capitalisme

Dans notre visée révolutionnaire, la reprise de la notion de "dépassement du capitalisme" contribue à cette spécificité qui nous est identitaire. Pour répondre à l’attente d’un "retour aux fondamentaux", reparler de dépassement du capitalisme constitue dès lors un essai à transformer.

Chaque communiste de la Basse-Loire est en possession de ce document qui émane des échanges du comité local de la section depuis le mois de novembre 2017.
Il retrace les axes forts du débat collectif autour des grandes questions qui doivent être présentes lors de notre congrès national de novembre 2018.
Il se propose également d’être un point d’appui pour élargir la réflexion de tous.tes les communistes lors des réunions de cellules et des différents contacts qui peuvent avoir lieu avant le vote de la base commune de discussion de notre congrès national prévu en début du mois d’octobre 2018.
Enfin, après cette large confrontation d’idées, nous proposons qu’il soit le socle du mandat qui sera donné à la délégation de notre section au congrès départemental.

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